Vésuviade, 1976

Vésuviade

Hédi Bouraoui scrute son moi, son univers, son être spirituel et même physique avec une grande acuité. De même, il est aux aguets des moindres significations du monde. Sa table de perceptions, de résonances, est vaste – et celles-ci infinies quand il les renvoie dans le poème. Il sait aussi se distancier, pour mieux se percevoir. Toutes sortes d’idées, de ramifications imagées, de visions, de constats, de suggestions naissent de son éveil. Mais la demi-veille, une sorte d’hypnose, ont à peu près le même résultat chez lui.

Ses réflexions sur la langue, le verbe, proviennent aussi de cette observation de sa pensée, de sa conscience. Le résultat n’est jamais uniquement intellectuel. Il est mobile, angoissé, vivant, réceptif, ironique, satirique, arbitraire, sincère, confondant. Le poète a, à la fois, et presque simultanément, envie de « détruire abondamment » et de reconstruire tout ce que se présente à lui, à son intelligence ou à son intuition. L’autre, même dans l’érotisme, est pour lui prétexte à des découvertes contradictoires, insolites, révélatrices.

À toute certitude, Hédi Bouraoui oppose un croc-en-jambe. C’est un esprit curieux, inspiré, iconoclaste autant que subversif.

St-Germain-des-Près

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